Chicken Little

Chicken Little
CHICKEN LITTLE
Chicken Little
États-Unis, 2005

Genre : Animation
Durée : 77 min
Production : Walt Disney Pictures
Sortie salles françaises : 07/12/20


Synopsis:

A Oakey Oaks, un village peuplé d'animaux, Chicken Little est un petit poulet dont la ténacité dépasse de loin sa taille minuscule.
Il essaie désespérément de faire oublier à la population du village sa grande humiliation : il y a deux ans, un gland lui est tombé dessus et, persuadé qu'il s'agissait d'un morceau de ciel, Chicken Little a couru donner l'alerte dans toute la ville en hurlant " Le ciel s'écroule ! Le ciel s'écroule ! ". La panique s'est emparée des habitants et leur affolement a failli détruire le village, attirant l'attention des médias...
Quand tout le monde a réalisé qu'il ne s'agissait que d'un gland, Chicken Little est devenu la risée de toute la ville.
Pourtant, un jour, le jeune poulet reçoit effectivement un vrai morceau de ciel sur la tête. Mais cette fois, qui le croira ? Avec sa petite taille, pourra t-il sauver sa ville toute entière ?


Réalisateur :
Mark Dindal

Scénaristes :
Steve Bencich
Ron J. Friedman

Acteurs :
Zach Braff
Joan Cusack
Garry Marshall
Steve Zahn


Budget :
60 millions de dollars


Commmentaires:

Le nouveau Disney est arrivé et en 3D ! C'est l'une des petites nouveautés de ce Chicken little. Les nostalgiques des bons vieux Disney vont devoir s'y faire maintenant, avec toute la concurrence (Dreamworks, Pixar) qu'il existe, les studios de Mickey ont dû et su évoluer avec ce nouveau millénaire. Alors oui, nous pouvons regretter que les dessinateurs n'aient pas gardé la personnalité et carte de visite de Disney mais pour séduire un public plus large et donc plus âgé, il faut évoluer, la recette classique ne fonctionnant plus beaucoup. Parmi les autres petits changements. Chicken Little est truffé de clins d'oeil cinématographiques comme La Guerre Des Mondes et les anciens Disney, mais aussi de très (trop ?) nombreuses références musicales (I will survive notamment). Malheureusement, la seule chanson française est assez mauvaise et ne restera pas dans les annales. Petite déception donc de ce côté : ce n'est plus la chanson du film qui devient une référence du genre mais une référence qui devient la chanson du film. Un comble pour un Disney ! Ceci dit, en perdant le côté un peu « enfantin », le film gagne en maturité avec une morale un peu moins omniprésente et un humour décapant. Shrek n'a plus le monopole des plaisanteries aux références multiples et parfois très grossières !
Les personnages sont, quant à eux, très attachants que ce soit notre héros Chicken Little ou bien encore ses amis. Ils plairont aussi bien aux adultes qu'aux enfants. La palme d'or des plus mignons revenant à Kirby et Fish le poisson, tous deux si adorables alors que personne ne les comprend.
Les studios Pixar et Dreamworks n'ont qu'à bien se tenir et vont devoir maintenant faire face à un nouveau concurrent qui revient dans la course : Disney et son Chicken Little avec qui vous passerez un très bon moment... si vous n'êtes pas une poule mouillée !


Mon avis:

Ce film d'animation est attachant, notamment le petit Chicken Little doublé par un Lorant Deutsch qui lui va comme un gant. L'histoire est un clin d'oeil à pas mal de film du moment et on a un peu d'humour "à la Schrek". Un bon moment à passer....


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# Gepost op zondag 16 juli 2006, 19u39

Gewijzigd op zondag 22 juli 2007, 18u27

Lord of War

Lord of War
LORD OF WAR
États-Unis, 2005

Genre : Thriller
Durée : 122 min
Production : Saturn Films / VIP 3 Medienfonds / Ascendant Pictures / Entertainment Manufacturing Company
Sortie salles françaises : 04/01/2006


Synopsis:

Né en Ukraine avant l'effondrement du bloc soviétique, Yuri arrive aux Etats-Unis avec ses parents. Il se fait passer pour un émigrant juif, ce ne sera que la première de ses innombrables falsifications d'identité...
Après des débuts dans le restaurant familial, Yuri découvre un commerce beaucoup plus lucratif : celui des armes. Audacieux et fin négociateur, il s'y fait rapidement une place, entraînant son jeune frère Vitali dans son sillage. Les énormes sommes d'argent qu'il gagne lui permettent aussi de conquérir celle qui l'a toujours fasciné, la belle Ava. La jeune femme ignore tout des véritables activités de Yuri. Entre eux, c'est une pure histoire d'amour, qui donne bientôt naissance à un fils.
Parallèlement à cette vie de mari et de père idéal, Yuri devient l'un des plus gros vendeurs d'armes clandestins du monde. Utilisant ses relations à l'Est, il multiplie les coups toujours plus risqués, mais parvient chaque fois à échapper à Jack Valentine, l'agent d'Interpol qui le pourchasse.
Yuri joue de plus en plus gros. Convaincu de sa chance, il poursuit sa double vie explosive, jusqu'à ce que ce destin le rattrape...


Réalisateur :
Andrew Niccol

Scénariste :
Andrew Niccol

Acteurs :
NICOLAS CAGE , ETHAN HAWKE , JARED LETO , BRIDGET MOYNAHAN , SHAKE TUKHMANYAN , JEAN-PIERRE NSHANIAN , JARED BURKE , ERIC UYS , DAVID SHUMBRIS , STEWART MORGAN , JASPER LENZ , KOBUS MARX , STEPHAN DE ABREU , JEREMY CRUTCHLEY , IAN HOLM , TANYA FINCH , LIZE JOOSTE , YASEEN ABDULLAH , DAVID HARMAN , NEIL TWEDDLE , PROSPER HAKIZIMAN

Budget :
50 millions de dollars

Box Office Américain :
24,1 millions de dollars


Commentaires:

Après nous avoir emmené dans un monde aseptisé avec Bienvenue à Gattaca, on attendait beaucoup et peut être trop du scénariste/réalisateur Andrew Niccol (d'autant plus qu'il avait écrit entre temps le scénario du formidable Truman Show avec Jim Carrey). Son deuxième film, Simone, nous avait laissé un peu sur notre faim, peut-être parce qu'il était trop parfait... Quant au scénario du Terminal qu'il a écrit pour Spielberg, il semblait, à première vue, assez gentillet, et Niccol semblait déjà plus se préoccuper de l'aspect géopolitique que du personnage de Tom Hanks.
C'est ce que viennent confirmer les premières images implacables de Lord of war (on suit en caméra subjective une balle, de l'usine de fabrication jusqu'à l'intérieur de... la tête d'un enfant africain qu'elle vient de faire exploser). Dès ce générique, le ton est donné.

Un film qu'il a été évidemment très difficile de monter à cause de son sujet brûlant d'actualité : le trafic des armes. Et pourtant notre trafiquant d'armes est tout ce qu'il y a de plus ordinaire : il répand sa bonne parole dans le monde entier en costar cravate impeccable et il a la tête de Nicolas Cage ! Un acteur toujours présent pour participer aux projets atypiques et de plus en plus ambitieux. Il y a à peine un mois, il nous montrait les états d'âme d'un présentateur météo et écorchait l'american way of life. Les états d'armes de Yuri ne sont pas mal non plus : pour faire vivre correctement sa famille il vend des armes. Comme il le dit si bien « si ce n'était pas lui, quelqu'un d'autre le ferait ». C'est devenu une drogue.
Le casting est complété par Jared Leto en petit frère tout fou et Ethan Hawks plus carré que jamais en agent du F.B.I, Ian Holmes en rival et l'atout charme : Bridget Moynahan
S'il y a quelques années, Michael Moore signait un pamphlet contre les armes avec Bowling For Columbine, il restait dans les limites du documentaire qui ne peut pas tout montrer. Andrew Niccol ose lui faire un film de fiction certes, mais brillamment écrit, extrêmement bien documenté (à croire que Niccol ait travaillé dans ce milieu !) qui nous parle encore mieux de notre réalité. Lord of War dépasse ainsi le cadre de l'écran de cinéma.
Et Andrew Niccol gagne ainsi ses gallons de "Lord of cinema".


Mon Avis:
Ce film aborde le sujet assez délicat de traffics d'arme, les "vendeurs de morts" en quelques sortes. Et bien, le réalisateur s'en sort vraiment pas mal en adoptant une narration de Yuri Orlov sur sa propre vie et en nous plongeant dans l'univers très particulier des trafficants, notamment dans le Tiers Monde o{u les tirants n'hésite pas à faire appel à eux pour instaurer un régime de terreur. A voir et à méditer dessus, ce genre de film fait réfléchir...

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# Gepost op maandag 17 juli 2006, 17u40

Gewijzigd op zaterdag 26 mei 2007, 04u53

Otage

Otage
OTAGE
Hostage
États-Unis, 2005

Genre : Thriller
Durée : 102 min
Production : Miramax Films / Cheyenne Enterprises / Stratus Film Co.
Sortie salles françaises : 27/04/2005


Synopsis:

Suite à une erreur de jugement lors de sa dernière mission, Jeff Talley, ex-policier de Los Angeles, spécialiste des négociations en cas de prises d'otages, a tout quitté pour devenir chef de bureau de police d'une petite ville. Il ne pouvait pas prévoir que trois jeunes malfrats allaient séquestrer la famille d'un expert comptable bien moins banal qu'il y paraît...
Conscients des enjeux, les mystérieux clients de ce comptable de plus en plus louche vont se servir de Talley et le contraindre à réendosser le rôle qu'il ne voulait surtout plus jamais jouer. Face au cauchemard qui recommence, il n'a pas le droit à l'erreur...


Réalisateur :
Florent-Emilio Siri

Scénariste :
Doug Richardson

Acteurs :
BRUCE WILLIS , JONATHAN TUCKER , SERENA SCOTT THOMAS , MICHELLE HORN , KEVIN POLLAK , JIMMY BENNETT , JIMMY 'JAX' PINCHAK , BEN FOSTER , MARSHALL ALLMAN , RUMER WILLIS , HECTOR LUIS BUSTAMANTE , KIM COATES , ROBERT KNEPPER , TINA LIFFORD , RANSFORD DOHERTY , MARJEAN HOLDEN , MICHAEL D. ROBERTS , ART LAFLEUR , RANDY MCPHERSON , KATHRYN JOOSTEN

Budget :
55 millions de dollars


Commentaires:

Après le très efficace Nid De Guepes, Florent Emilio Siri était attendu au tournant pour sa première réalisation hollywoodienne. Bruce Willis participant au projet, le long-métrage prenait, à cet effet, une tournure d'autant plus excitante. Malheureusement, cette commande, pourtant indéniablement marquée du sceau du frenchy, s'égare parfois au détriment du rythme et de l'action...

Bien que piloté par la production, Otage est, en effet, griffé de la patte de notre compatriote.
En plus de l'état de siège (dans un schéma inversé), le film est parsemé de références faites au western. Que ce soit le bunker dans lequel est séquestré la famille Smith, une sorte d'hacienda high-tech, ou le « saloon » abritant la fusillade finale, Siri emprunte donc à l'iconographie du genre. Autre constante dans son ½uvre, et non des moindres, le metteur en scène affiche une forte propension à faire voler en éclats le décor dans les dernières minutes.

Outre cette logique filmographique, Otage a pour qualité de bousculer les codes yankees. Un gamin meurt ainsi dans une marre de sang dès la scène d'ouverture. Les « bons » ne sont pas nécessairement épargnés. Même le corniaud de la jeune Talley se fait dessouder lors de son kidnapping, ce qui repousse bien loin les limites du tolérable !
Le long-métrage manque cependant de punch, et ce ne sont pas ces originalités qui nous le feront oublier. Pris entre deux feux, Bruce Willis ne parvient pas à nous sortir de notre torpeur. Alors que le rôle de Jeff Talley lui offre une juste confrontation de ses meilleurs rôles, David Dunn (Incassable) et John Mac Lane (Die Hard), c'est le regard vide qu'il manque le coche. Le salut vient alors de la jeune génération, à l'instar de l'hystérique Jonathan Tucker (l'intello de Massacre A La Tronconneuse) et du psychotique Ben Foster (le jeune dépressif de The Punisher). L'½il animé d'un grain de folie à la manière de Brad Douriff, ce dernier s'illustre, en effet, dans un registre très inquiétant. Le scénario ne rate, néanmoins, pas l'occasion de nous expliquer le comment du pourquoi de son aliénation... Certaines choses restent malgré tout immuables.
Sans pour autant se renier, Florent Emilio Siri nous livre donc un premier film américain inégal et parfois longuet, mais qu'il serait dommage de bouder.


Mon Avis:
Voila un film qui reste assez traditionnel avec une prise d'otage dont le négociateur n'est d'autre que BRUCE WILLIS. Cenpedant, Otage reste un thriller assez efficace qui ne souffre pas de trop de longueur. Mention très bien pour Ben Foster qui joue admirablement bien le rôle du jeune psychotique...A voir...


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# Gepost op donderdag 20 juli 2006, 08u01

Gewijzigd op zondag 22 juli 2007, 18u30

Fragile

Fragile
FRAGILE
Fragile
Espagne, 2005

Genre : Thriller/Fantastique
Durée : 93 min
Production : Castelao Producciones S.A.


Synopsis:

Une jeune infirmière est engagée dans un hôpital pour enfants sur le point de fermer. D'étranges événements surviennent au sein du vieux bâtiment et les enfants sont peu à peu victimes d'accidents inexplicables, comme des fractures apparues sans raisons...


Réalisateur :
Jaume Balagueró

Scénaristes :
Jaume Balagueró
Jordi Galcerán

Acteurs :
Calista Flockhart
Yasmin Murphy
Elena Anaya
Gemma Jones
Richard Roxburgh
Colin McFarlane
Michael Pennington
Daniel Ortiz


Commentaires:

Dans le sillage du Cercle Infernal (Richard Loncraine, 77) et La maison du diable (Robert Wise, 63), Fragile, de Jaume Balaguero, n'est rien de moins qu'une sublime ghost-story qui n'a rien d'un Ring-like et n'a point à rougir de ces comparaisons tannantes. Elle adopte un schéma conventionnel transcendé de manière éblouissante. Balaguero, connu pour ses cauchemardesques Secte sans nom et Darkness, n'a jamais atteint un tel degré de maestria et déploie sous ses images une intelligence de cinéma exceptionnelle.
Dans un hôpital pour enfants, une infirmière, brisée par l'existence, essaye de se donner une raison de vivre. Seulement, le jour où une gamine lui confie que les enfants de l'hôpital subissent des attaques mystérieuses, elle commence à se poser des questions et voit de drôles de choses. Cauchemar. Et quel beau cauchemar. Jaume Balaguero est un cinéaste issu de la fantastic factory qui a toujours divisé le microcosme des fantasticophiles, principalement ceux qui pensent voir dans ses ficelles de la putasserie et de la manipulation outrancière. Or, surprise pour ceux qui le sous-estiment, l'homme à la caméra confirme (ou révèle) avec Fragile qu'il y avait de bonnes raisons de croire en son talent. Tout d'abord, ce n'est pas un yes-man oppoturniste dans le sens où son cinéma ne rime pas avec mercantilisme mais coudées franches et liberté de ton. La Secte sans nom, requiem poisseux et malaisant, affirmait une faculté à distiller les climats dérangeants en traitant de sujets politiquement incorrects. Darkness était un faux film d'horreur Hollywoodien qui alignait les séquences horrifiques tout en causant de quelque chose de souterrain et de subtil (authentique autopsie d'une famille en crise). Fragile constitue le même cadeau empoisonné. On retrouve la même acuité dans l'observation des gestes et la frontière intangible entre la banalité et l'horreur. Rien de moins systématique que ce cinéma-là qui, au contraire, prend ici un envol vers une épure saisissante.
Plus le film avance, plus cela en devient une évidence : loin des effluves gores et des délires grand-guignolesques, Fragile a tous les atouts de la ghost story de luxe délicieuse qui sait allier modestement et intelligemment le fantastique et le mélodrame. Un fantasme d'Hideo Nakata, le Tourneur des temps modernes, qui avait réussi la même gageure avec son divin Dark Water. Balaguero sait très bien que sous chaque grand film fantastique, se cache une histoire d'amour. Celle qu'il nous raconte est déchirante, peut-être parce qu'ici l'amour est plus fort que la mort, mais surtout qu'aimer est plus fort que d'être aimé. Le résultat est éminemment classique avec ses codes immuables, son ambiance torve et ses personnages secrets, tourmentés et/ou ambigus. Oui mais voilà, si au gré de ses bobines, Fragile arbore une architecture robuste, en profondeur, le film ne cède pas aux facilités ni même à la roublardise qui consiste à manipuler les spectateurs avec la transcendance du néant ou du mysticisme craignos. Ici, la forme – splendide parce qu'à la captation de sentiments fuyants, le cinéaste offre une forme rigoureuse, un soin somptueux accordé aux cadres et aux couleurs et, surtout, une croyance de cinéma – et le montage – pas découpé comme les précédents Balaguero, de quoi rassurer les plus sceptiques – fonctionnent en étroite corrélation avec le fond, subtilement bouleversant. La secte sans nom racontait la quête d'une mère qui part à la recherche de sa fille disparue ; Darkness, l'histoire d'une famille en pleine déconfiture affective qui au contact des ténèbres vont progressivement perdre la boule ; Fragile scrute le dévouement d'une infirmière pour une jeune fille persuadée d'être harcelée par un fantôme.A l'exactitude clinique des gestes du quotidien, s'oppose une relation entre les deux filles qui jusqu'au bout demeure opaque, irrésolue. Autre qualité appréciable, le problème Calista Flockhart n'en est pas un puisque l'actrice ne cherche pas à se mettre en valeur mais davantage à se fondre dans la solitude de son personnage. Elle n'est pas bonne ou mauvaise comédienne, elle est juste au diapason. C'est par ailleurs une réussite collective : jouant à l'économie, sur un registre ténu, en quelques regards, gestes ou mots, chaque acteur ajoute une couleur, un rythme, une sonorité nouvelle à l'ensemble.
La réussite réside dans le mystère (trop) longtemps gardé, à la charge d'effroi et d'inquiétude qu'il fait naître par des moyens très efficaces. Métaphysique, assurément influencé par la déferlante asiatique tout en restant unique, le film accorde la place belle à la mémoire et aux rêves. Comme souvent, Balaguero creuse son propre sillon : il simule l'inertie pour nimber son récit d'une atmosphère faussement placide, oppressante et angoissante et mieux retourner avec un finale hallucinant. Sauf qu'ici sa mise en scène ne prend à aucun moment la pose, pointe toujours à l'essentiel, traque les blessures infimes de ses personnages. Le cinéaste a visiblement réfléchi aux différents outils du langage cinématographique, les a décomposés et, un par un, en a amplifié les possibilités. A l'encontre de la tendance actuelle, Jaume travaille en longs plans remplis d'informations, de détails, d'écrans, d'ouvertures et de miroirs, avec des compositions élaborées. Par la seule force de sa mise en scène, il enregistre les cataclysmes secrets de ses héroïnes, les rapports de dépendance qui s'instaurent peu à peu. Et parvient à cerner au plus près les vérités intimes de protagonistes en proie à de violents soubresauts intérieurs.
Contrairement aux apparences, le film n'a rien d'un énième précipité crapoteux comme l'industrie US nous en produit des tonnes (citons au hasard l'impossible remake de Fog) mais au contraire d'un aboutissement et d'une ½uvre très personnelle avec en guise de substance un thème qui revient souvent dans la filmographie de Balaguero : l'enfance maltraitée. On a toujours trouvé que le cinéaste avait un temps de retard sur son émule Alejandro Amenabar dont il semble prendre le chemin sur un mode mineur (pour certains...). En un sens, il vient de signer ses Autres avec son suspens graduel, sa grande scène de flip ectoplasmique, sa star pas cabotine, son écrin adéquat et sa fin très touchante.
Objet à la fois ludique et cérébral, Fragile ressemble à une spirale infernale qui applique la fameuse théorie du serpent qui s'enroule sur lui-même pour mieux se déployer plus tard, et hanter dans toute sa splendeur entêtante. On n'en attendait pas tant, au mieux à une série B horrifique futée et énergie ; on a une sorte d'événement instantané dudit film de fantôme qui nous change de tous les avatars aseptisés. Non seulement Balaguero a réalisé un film où les lois du spectacle ne sont nullement incompatibles avec l'exercice critique mais, accessoirement, il prouve que les recettes du passé ne sont pas forcément caduques aujourd'hui. En d'autres termes, que le classicisme du cinéma de genre peut toujours servir à quelque chose d'inédit et de beau. La preuve.


Mon Avis:
Ce film est mon dernier coup de coeur. Recompensé au festival de Gerardmer, il allie le subtile mélange amour-ghost story pour un final très réussie. La fin est très émouvante et les moments de flippe sont intenses. Mention spéciale à la petite "Maggie" qui joue le rôle de la gamine persécutrée à merveille .Balaguero est le nouveau du fantastique espagnole et ce film le démontre encore une fois.


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# Gepost op donderdag 20 juli 2006, 17u03

Gewijzigd op zondag 22 juli 2007, 18u31